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Je suis encore là, dans cette pièce, cette chambre. Lui aussi y est, à mes côtés. Comme d'habitude, je n'arrive pas à voir son visage mais je sens son souffle sur le mien et je dois avouer que ça me rend tout chose. Pour preuve, ma troisième jambe commence à gonfler doucement alors qu'il est juste à mes côtés et qu'il ne fait de particulier. D'ailleurs, pourquoi il me fait autant d'effets ? Je ne suis pas homo et j'aime les femmes, les belles femmes, alors pourquoi cet homme fait monter en moi cette envie si prenante ? Je ne sais pas mais je le vois depuis toujours à mes côtés, nous avons même grandis ensemble. Amis, nous sommes devenus amants, et j'aime ça.

Je me tourne alors vers lui, toujours sans voir à quoi il ressemble, et caresse son visage de ma main droite. Sa peau est si douce que ça me donne envie d'y goûter un peu. J'approche mon visage du sien et dépose un doux baiser sur ses lèvres qui sont si sucrées. Pourquoi j'ai fait ça ? Je ne sais pas, parce que j'en avais envie ? Il m'attire, c'est plus fort que moi. Même si je n'ai aucune idée de son physique, je sais qu'il est l'homme de ma vie. L'homme de ma vie... Comment je peux croire ça ? Suis-je devenu aussi stupide ?

— ...

Il prononce quelques mots, des mots que je n'entends pas mais qui me rendent heureux sans que je ne sache vraiment pourquoi. Je l'embrasse à nouveau, goûtant encore à ses lèvres qui me font tant envie, capturant sa langue pour la suçoter comme je l'entends.

Il semble aimer cette douceur et se tourne un peu plus vers moi pour m'envelopper contre lui. Cette chaleur... une chaleur que je n'ai pas sentie depuis longtemps. Il faut dire que vu ma condition, il est difficile d'avoir ce genre de relation avec une autre personne. Pourtant, je la sens actuellement et j'en suis très heureux.

Nos langues se délient, effectuant ainsi un ballet amoureux et sensuel. Je crois que je l'aime, que j'aime sa présence, ses bras, son odeur. J'aime tout de lui, même si je ne sais pas encore qui il est vraiment. Qu'importe, je devrais profiter du moment présent et faire ce que je n'ai jamais osé faire avant.

Je le bascule sur le dos, me positionnant au-dessus de lui pour capturer ses lèvres à nouveau, laissant ma main droite glisser le long de son torse pour atterrir près de son entrejambe et le caresser lentement, doucement. Il aime ça, je le sens.

Mes lèvres en profitent pour quitter les siennes et ma langue glisse alors sur son cou après avoir suçoté son lobe. Il gémit, je ne l'entends pas mais je le vois à la courbure de son corps. Il prend du plaisir et ça m'excite encore plus. Je continue donc mes caresses tout en faisant descendre ma langue jusqu'à son téton gauche que mes dents attrapent pour le mordiller. Je continue mon avancée et donne le même châtiment à l'autre qui s'est déjà durci de plaisir.

J'aime tout de lui mais surtout son odeur qui ne cesse de m'enivrer et de me rendre complètement fou. Je n'en peux plus. Je le veux. J'accélère ma descente jusqu'à ce que...

 

Je me relève complètement pâteux, ma vision étant encore quelque peu floue. Je passe ma main droite sur mon visage, laissant le drap qui me recouvre descendre le long de mon torse musclé. Rien à voir avec le narcissisme, mon corps l'est vraiment.

Je tourne ma tête à droite et à gauche pour apercevoir deux jeunes femmes complètement nues qui dorment toujours. Je crois bien avoir abusé de l'alcool hier soir... Enfin, ce matin, selon comment vous voyez les choses.

Je me lève comme je peux, évitant ainsi de réveiller les deux demoiselles dans mon lit. Pas que ça me gêne mais je n'ai pas envie de les entendre à mon réveil. J'ai besoin d'être seul et de me sentir bien avant de faire quoi que ce soit. D'autant plus que j'ai rendez-vous avec mes parents et que je vois d'ici leur grand discours sur mon avenir...

Je vous jure que ce n'est pas facile d'être à ma place. La preuve, même moi je déteste être là où je suis. Bref, je me dirige vers la salle d'eaux, faisant couler l'eau chaude pour que la fumée envahisse le miroir de mon armoire afin que je ne puisse pas voir mon reflet qui ne s'y trouve pas. Étrange ? Non, pas du tout, c'est est normal pour nous qu'il ne se réverbère pas dans les miroirs. Je ne me suis jamais vu mais pour être franc, ça ne me gêne pas.

Une fois l'eau à bonne température, j'en prends dans mes mains pour m'en passer sur le visage. Qu'est-ce que ça fait du bien après ce que je viens de rêver. Ah oui, mon rêve, parlons-en. Ça fait depuis... Depuis que j'ai des souvenirs que je rêve de cet homme. Au début, c'était un ami mais au fur et à mesure, il est devenu bien plus. Je ne comprends pas d'où il vient ni qui il est mais j'espère toujours le rencontrer pour lui demander. Enfin, si j'arrive à le reconnaître...

J'entre dans ma douche et me glisse sous le filet d'eau qui dessine toutes les lignes de mon corps. Il faut dire qu'il y a de quoi faire, les lignes sont si parfaites. Et je ne suis pas le seul à le dire ! Pour preuve, vous n'avez qu'à demander aux deux femmes dans mon lit... Non, laissez tomber, ça n'en vaut pas la peine.

Après une bonne douche, je me dirige vers la cuisine et ouvre le frigo pour attraper une poche de sang que j'avale rapidement. Quoi ? Vous ne pensiez tout de même pas que je peux avoir du sang humain comme je veux ?! Enfin si, concrètement je peux en avoir comme je veux mais un homme de ma condition a besoin du meilleur et prendre de la mauvaise qualité nuirait à mon image de sexe symbole. Je sais, vous pensez que j'en fais trop mais ce n'est pas le cas et vous le savez aussi bien que moi.

Je retourne dans ma chambre pour attraper mon pantalon et ma chemise et allume la lumière sur les deux beautés qui sont encore endormies.

— Mmhh... Pourquoi tu nous réveilles, Chanyeol ?

— Peut-être parce qu'il est l'heure de se lever ?

— Mais il est encore tôt...

— Et j'ai un rencart. Allez, les filles, on dégage !

Je sais, je suis loin d'être un modèle de sympathie mais il est hors de question de laisser ces goules chez moi. Pour quoi je passerai, après ? C'est que j'ai une réputation à tenir, moi ! Je les brusque donc pour qu'elles se dépêchent et une fois hors de chez moi, je monte sur ma moto et fais vrombir le moteur.

Un casque ? Pour quoi faire ? Je suis immortel alors je me moque d'avoir un accident. Bon, certes, si jamais je reçois un coup à la nuque, je suis mal, mais depuis le temps que je fais ça, je suis devenu un expert. Et puis, j'aime la vie et ses plaisirs, contrairement à mes parents. D'ailleurs, en parlant d'eux, je devrais me dépêcher avant d'arriver en retard car ils détestent ça. Et vous ne savez pas de quoi ils sont capables.

Je traverse la ville à deux cent à l'heure, ne prenant pas le temps de respecter la limitation, comme à mon habitude à vrai dire, et arrive rapidement à leur somptueuse demeure. Ils ont toujours voulu habiter en ville, dans une grande maison pour se fondre dans la masse mais... qui croirait une chose pareille ? Pas moi en tout cas.

Je gare la moto dans leur allée de garage et me dirige tout droit au sous-sol, transformé en salle de tortures. Mes parents sont de grands collectionneurs et ayant vécus dans des manoirs par le passé, ils se devaient de retrouver cette ambiance chez eux. Du coup, ils ont toutes sortes d'engins de tortures et même deux humains qui servent de réservoirs vivants. Ce que j'aime sentir cette odeur... J'attrape donc un verre en or posé sur l'une des petites commodes et me sers directement aux veines de l'un des deux réservoirs pour me délecter de ce délicieux nectar.

— Chanyeol, je t'ai déjà dit qu'il était impoli de se servir directement à la source.

— Ma'... moi aussi, je suis content de te voir. Vous vouliez me parler ?

— Ton père. Il est dans son bureau à t'attendre, d'ailleurs.

— Tu ne viens pas ?

— J'achève notre premier cru et j'arrive.

Ce qu'entend ma mère par là, c'est qu'un ancien réservoir doit mourir. Eh oui, ce n'est pas comme pour le vin, si on le garde trop longtemps, le goût change et on doit passer à autre chose. D'autant plus que si nous les laissons aller, on peut se retrouver avec un esclave de plus et mes parents ne veulent pas n'importe qui parmi eux. Il faut dire que nous faisons partie des plus anciens, des "Originels" comme on aime nous appeler. Nous sommes très peu en vie et nous devons donc nous préserver. C'est pour cette raison que nous ne laissons aucune trace de nos passages.

Bref, je monte directement dans le bureau de mon paternel en me demandant pourquoi il y a autant de mystères sur la raison de ma venue ici. La joie d'être leur fils unique...

— Tu voulais me voir ?

— Mon cher et tendre fils...

Mon père se retourne pour me prendre dans ses bras, ce qui ne m'annonce rien de bon. Il faut dire que la dernière fois qu'il l'a fait remonte à... des siècles. Je n'ai absolument pas confiance en lui et je sens qu'il va me demander de lui rendre un service.

— Alors, mon fils, comment vas-tu ?

— Ne tourne pas autour du pot, Pa', et dis-moi ce qu'il y a.

— Droit au but, comme à ton habitude. J'ai le droit de vouloir profiter de mon fils, non ?

— Nous savons tous les deux que je ne suis pas là pour mes beaux yeux.

— Certes, certes. Sais-tu ce que c'est ? me demande-t-il en me montrant un parchemin.

— La carte d'un éventuel trésor ?

— Mieux que ça, mon fils. Ça nous donne l'emplacement exact de l'amulette de ce shaman aztèque.

— Quoi, t'es sérieux ? T'es encore avec ce trésor qui n'existe que dans les folklores ?

— Il existe et cette carte en est la preuve.

— Pa'...

— Nous sommes les Originels et nous nous devons de protéger notre peuple.

— Ça va, on va pas mourir demain non plus.

— Peut-être que si justement.

Je n'ai jamais vu mon père aussi sérieux quand il parle de notre mort. Surtout qu'il n'est pas du genre à faire des blagues, bien au contraire. Mais je ne comprends pas, ce talisman, cette relique n'est que le fruit d'une légende née en même temps que notre malheur. Et d'aussi loin que remontent mes souvenirs, personne n'en a jamais entendu parler.

— Chanyeol, continue ma mère qui vient seulement de nous rejoindre, sais-tu comment nous avons eu l'information ? En demandant bien gentiment à un lycan.

— Quoi, c'est ça, votre source ? Un lycan ? Vous ne pensez pas plutôt qu'il s'est joué de vous ?

— Tu sais à quel point nous pouvons être persuasifs quand il le faut...

— Et ce lycan n'avait pas de protection, finit mon père. Cette information est confirmée et tu vas y aller pour nous le ramener.

— Pardon ?! Moi ? Pour quoi faire ?

— Parce que tu es jeune et que tu es notre fils.

— Et parce que nous avons confiance en toi.

Lorsque ma mère m'attrape le visage comme le font les humains, ça me met hors de moi. Mais je ne peux qu'accepter leur requête si je ne veux pas les voir débarquer n'importe quand dans mon petit studio. Et puis je les connais, ils viendraient s'immiscer dans ma vie et me présenter toutes sortes de personnes pour que mon avenir soit le meilleur possible. À moins que ça soit pour leur avenir à eux. Comme si trouver la Femme allait changer quelque chose. Nous sommes les premiers, les Originels, nous n'avons pas besoin de nous mélanger ainsi et salir notre sang ! Et puis, à tous les coups, cette recherche du talisman, ça va durer quoi, une semaine, le temps que je fasse de la spéléo et que je puisse rentrer par la suite ?

Je les connais bien, tout comme leur info. Mais je dois admettre que leur proposition tombe bien car j'ai un peu envie de prendre l'air, de changer de paysage. Sauf que je m'attendais pas à ça...

— Eh bien, mon fils, puisque tu acceptes, voici où tu devras aller ; dans les catacombes d'une église.

Ils sont sérieux, là ?! Ils savent parfaitement que je ne supporte pas les endroits sacrés, j'en suis... comment dire, allergique. Pourquoi ils me font ça ? Pourquoi ils m'envoient là-bas ? Ne m'aimeraient-ils donc pas ?

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