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Sa venue en Corée du Sud était juste une visite amicale et ne devait en aucun se finir en interview avec un homme disant connaitre l'identité du "serial killer". Mais pourquoi avait-elle accepté cette interview ? Pourquoi avait-elle dit oui ? Jung-Woo lui avait demandé et c'était sûrement pour ça qu'elle l'avait fait mais...

- Très bien, je vous écoute.

Minami Rukawa est journaliste française, enfin franco-japonaise. Pour faire simple, sa mère est japonaise et son père français, père qu'elle n'a d'ailleurs jamais connu. Quoiqu'il en soit elle est partie faire ses études de journalisme en France pour avoir une chance de retrouver son père et enfin pouvoir le connaitre mais... Ce n'est pas aussi simple et malgré toutes les recherches effectuées à travers la France, et le reste de la Planète, elle n'a toujours pas trouvé sa trace.

Bref, tout ça n'empêche que la jeune femme est une excellente journaliste qui a un très bon ami et collègue pour la couvrir lorsqu'elle parcourt le Monde à la recherche de son paternel. Mais là, elle était en vacance, des vacances bien méritées après une enquête qui lui a valu la première page du journal. Malheureusement il faut croire que les vacances est un mot dont elle ne connaitra peut-être jamais le vrai sens. Pourquoi ? Tout simplement parce que c'est elle qui a découvert le premier corps en se promenant près de la rivière Han et, curieuse comme elle est, elle a voulu essayé de savoir de quoi il en retournait et a donc mené son enquête.

Bon, ça n'explique pas le fait qu'elle soit dans cet immeuble délabré face à cet homme. Ne vous inquiétez pas, j'y viens. Donc, après quelques investigations et... trois autres cadavres, Minami a compris que le tueur faisait partie de la mafia coréenne et c'est là qu'entre en scène notre cher Jun-Woo Seo. Qui est-il ? Un jeune homme né dans la mauvaise famille. Sa mère est morte en couche et sa petite-amie abattue devant ses yeux le jour où il l'a demandée en mariage. Il aurait pu devenir fou mais il en a décidé autrement et a repris les affaires familiales.

Je sais, comment un jeune homme tel que lui et une jeune femme telle que Minami ont pu devenir ami et surtout pourquoi cette dernière l'aiderait-elle ? Et bien, c'est un peu compliqué et surtout très long pour vous l'expliquer en si peu de temps mais sachez seulement que si Minami est devenue amie avec lui c'est qu'il n'a pas un si mauvais fond que ça.

En somme, pour en revenir à notre histoire, notre jeune journaliste s'était laissée convaincre par son ami d'aller voir cet homme qui était devant elle. De par sa nature et son métier, elle reconnait les menteurs et arrive à démêler le faux du vrai et c'est ce qu'elle comptait faire.

- Que vous a dit Seo-ssi ?

- Jung-Woo ?

L'homme secoua doucement la tête positivement.

- Qu'il semblerait que vous ayez des informations sur ce "serial killer".

- Oui, en effet, j'en ai.

L'homme qui se trouvait devant la jeune femme avait repris de l'assurance, arborant un léger sourire.

- Ma première question est pourquoi ne pas alerter la police ?

- Vous connaissez aussi bien que moi la nature de tous ces évènements et ce que ça peut entrainer. Je ne suis pas fou et je ne veux pas mourir.

- Et vous pensez que je vais faire quoi ?

Le concerné avança lentement son visage vers celui de la jeune femme.

- Faire en sorte que l'opinion public connaisse la vérité sur cet homme et quoi de mieux qu'une interview avec un journaliste ?

- Pourquoi voulez-vous que l'opinion public ait de la compassion pour cet homme ?

- Parce qu'il n'est pas fou. Il est loin d'être le psychopathe que la police semble décrire.

- Je vois...

Minami sortit alors son calepin et son crayon pour noter la confession de cet homme.

- Attendez, vous n'avez pas de microphone ? Vous n'enregistrez rien ?

- Je n'ai pas besoin de ce genre de chose, tout reste là!

Et en lui répondant cela Minami lui montra sa tête.

- Mais qui me dit que vous n'allez pas tout changer ?

- Et qui me certifie que ce que vous me direz est la vérité ?

Il esquissa un sourire.

- Je vous aime bien, vous êtes... différente des autres.

- Différentes... et si nous commencions ? J'aimerai profiter pleinement de mes vacances!

- Oh, vous êtes en vacances...

Minami soupira, sa patience avait des limites et elle commençait à atteindre le bout.

- Ne vous énervez pas voyons...

- Je suis calme, nous inquiétez pas, je suis juste... fatiguée. Je sais que vous me mentez depuis le début, vous n'avez aucune information à me fournir.

- Connaissez-vous le point commun entre toutes les victimes ?

- Elles ont été tuées au hasard, rien ne les reliait.

- Leurs yeux.

- Leurs yeux ? Qu'est-ce que vous voulez dire ?

- Ne faîtes pas semblant de ne pas comprendre. Vous avez trouvé la première victime et vous savez ce qui lui manquait.

- Oui, comme je sais ce qu'il manquait aux autres femmes mais quel est le rapport ?

- Leur couleur ma chère, leur couleur...

Il avança son visage encore plus près de la journaliste.

- Et il semblerait que vous ayez la même couleur... Etonnant pour une asiatique.

- Pas étonnant lorsque son père ne l'est pas!

- Vous n'avez pas peur ?

- Que vous me tuiez ?

- Que je vous arrache les yeux...

Minami ne broncha pas, pas qu'elle n'avait pas peur mais elle avait appris à la contrôler. C'est aussi pour cette raison que Minami est une excellente journaliste, elle sait se contrôler et n'est pas le genre à paniquer comme ça. Il faut dire que les choses de la vie lui avait appris à réagir de la sorte, et c'est aussi pour cette raison que Jung-Woo lui a demandé d'aller à ce rendez-vous, pour sonder cet homme. Oh, il sait le faire parfaitement mais disons que ses méthodes sont autres et qu'il y a quelque chose à faire pendant que Minami s'occupe de cet homme.

- Vous voulez changer l'opinion public et si vous me tuez ou que vous m'arrachez les yeux, rien ne changera.

L'homme se recula alors, croisant ses doigts.

- Rebecca.

- Pardon ?

- La première femme retrouvée morte s'appelait Rebecca. Elle était américaine et était venue voir ses grands-parents. Pauvre petite chose...

- Comment la connaissiez-vous ?

- Oh, je ne la connaissais pas, c'est seulement elle qui me l'a raconté. Vous savez, quand les gens sont sur le point de mourir, ils en racontent des choses.

- Oui, je vois. Pourquoi l'avoir tuée ?

- Mais vous brûlez les étapes ma chère, ne devez-vous pas me poser la question "qui étaient les autres femmes ?"

- Jin-Wan, Eun-Ju, Na-Eun et Anna. Toutes les cinq, en comptant Rebecca, étaient des jeunes femmes entre 20 et 25 ans. Toutes coréennes avec des origines autres sauf pour Eun-Ju qui était vraiment coréenne de par ses deux parents. Toutes les cinq avaient les yeux verts, tout comme moi. Je continue ?

- Je vous en prie Rukawa-ssi, c'est très intéressant.

- En apparence rien ne les relie mais comme je vous le disais, la couleur de leurs yeux n'est pas anodine. Mais je n'arrive pas à savoir pourquoi. Pourquoi prendre la vie de ces jeunes femmes ?

- La seule personne qui pourrait vous répondre c'est la personne qui a commis ces horribles crimes.

- Horribles ? Est-ce vraiment ce que vous pensez monsieur... ?

- C'est vrai, je ne me suis pas présenté. Appelez-moi Seung-Hyun.

- Mais ce n'est pas votre vrai nom n'est-ce pas ?

- Ecoutez, si vous êtes ici c'est pour dire la vérité à propos de ces jeunes femmes pas pour parler de mes antécédents!

- Et depuis que je suis là, nous n'en avons pas parlé alors que je suis à votre écoute.

Seung-Hyun donna un coup sur la table et serra les poings. A ce moment précis, il ne voulait qu'une chose, serrer le coup de la journaliste qui se trouvait devant lui mais il savait que ce ne serait qu'un corps de plus parmi tant d'autres, un corps qui n'irait pas dans sa collection.

- Ces femmes, ces jeunes femmes, n'étaient pas aussi pures qu'elles le laissaient paraitre. Les yeux qu'elles avaient en sont la preuve.

Pour prouver ce qu'il avançait il sortit une poche transparente où se trouvaient des yeux. Minami avait vu beaucoup de choses dans sa vie mais là, ça dépassait l'entendement. Pourtant elle n'en montra rien et nota les détails de cet entretient.

- En quoi ces yeux sont une preuve ?

- Regardez-les, regardez-les attentivement. Ils sont verts!

- Et ?

- Nous, coréens de pures souches ne pouvons avoir des yeux verts, c'est un blasphème que de les avoir verts!

- Vous dîtes que vous avez... que le tueur les a tué et enlevé leurs yeux car ils étaient verts ? Mais le vert ne signifie-t-il pas l'espoir ?

- Savez-vous qui étaient les parents de ces jeunes femmes , les connaissez-vous ?

- J'ai rencontré ceux de Rebecca et de Na-Eun. Ce sont des parents aimant et...

- Des parents aimant ? Non, ça je ne pense pas car s'ils étaient vraiment aimant comme vous le dîtes, ils auraient été honnête avec leur fille.

- Comment ça ?

- Une coréenne avec des yeux verts, vous trouvez ça normal ?

- Je suis japonaise et j'ai les yeux verts, vous trouvez ça normal ?

- Votre père est français.

Minami recula doucement.

- Comment le savez-vous ?

- Vous n'êtes pas la seule à fouiner vous savez. Je suis... expert dans ce domaine.

- Qui êtes-vous ?

- Qu'importe qui je suis, vous n'êtes pas là pour savoir qui je suis mais pour connaitre la raison de ces pertes.

- De ces pertes ? C'est ainsi que vous considérez ces jeunes femmes ?

- Je vais vous dire la véritable raison sur ces yeux mais je ne suis pas certain que vous vouliez la connaitre.

- Je suis là car vous avez des informations sur le tueur et que vous voulez "redorer" son blason.

- Je vous pensais plus maligne que ça ma chère... Vous savez pertinemment qu'en venant ici il n'en était nullement question voyons.

- Alors pourquoi je suis là ?

- Parce que vous voulez des réponses.

- Des réponses ?

La jeune femme referma son calepin.

- Reprenons depuis le début. Vous êtes le serial killer et vous vouliez me rencontrer, pourquoi ? Et pourquoi tuer toutes ces filles ?

- Il fallait vous convaincre et quoi de mieux que de faire quelques sacrifices ?

- Des sacrifices ? Vous plaisantez ?!

- Vous savez aussi bien que moi que je ne plaisante pas. Ces filles n'étaient que des leurres et même votre ami Jung-Woo n'y a vu que du feu.

- Mais vous savez que vous ne vous en sortirez pas vivant ?

- Je sais mais je ne suis pas là pour vivre, je suis juste un messager.

- Un messager ?

- Ces filles, ces coréennes aux yeux verts, c'était un message pour votre père. Je suis d'ailleurs déçu qu'il ait envoyé sa fille à sa place.

- Pardon ? Mais...

- Dîtes-lui que nous savons qui vous êtes et que s'il continue dans sa branche, il risque 'y perdre les ailes! Sur ce Rukawa-ssi, vous devriez partir avant que quelque chose de regrettable n'arrive.

Minami ne comprenait pas tout ce qu'il disait mais elle savait ce que signifiait sa dernière phrase. Elle ne cautionnait nullement ce que faisait son ami mais il y a des moment où il faut savoir fermer les yeux et ce moment était venu.

- Merci de cet entretient.

- Tout le plaisir a été pour moi Rukawa-ssi...

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